Entretien annuel

Il y a quelques jours, j’ai passé mon entretien annuel. Pas de travail, non, je suis actuellement SBF (sans boulot fixe). Celui du contrôle post-opératoire, ou de suivi de l’endométriose, c’est au choix.

Je stressais un peu, j’avais peur de me faire gronder des kilos qui ne veulent pas dégager, j’avais des douleurs qui revenaient de façon récurrente depuis le début de l’année (j’en avais parlé ici : j’ai beau être matinale…), comme avant…

A l’examen, rien d’anormal. Pas de trace de récidive de l’endométriose. Ouf. Il paraît que je suis en pleine forme.

NB : critères de la « pleine forme » : pas de problèmes lors des mictions, défécation, rapports, transit qui s’améliore. On en parle de la définition de la santé selon l’OMS? parce que moi je ne me sens pas en pleine forme, ça va mieux sur certains points, c’est sûr, mais tant de choses restent compliquées au quotidien… (tiens d’ailleurs, je viens de poster mon dossier pour une reconnaissance « travailleur handicapé », qui traînait depuis des mois…)

Mais, parce qu’il y a un mais, sinon on s’ennuie, mais je vais passer une échographie dans les services de l’hôpital, donc spécialisé endométriose. En dehors de la recherche d’éventuelles lésions qui auraient échappé aux doigts experts de Herr Professor, on va aller voir du côté du rein gauche. Parce qu’avoir nettoyé l’uretère (à vos dicos de VAE médecine) (je vous aide : c’est le canal qui va du rein à la vessie), ça peut provoquer une fibrose et compresser l’uretère, et donc faire souffrir le rein… quand je vous disais que j’avais des douleurs comme avant

Maintenant, de deux choses l’une : soit c’est bien ça, et je connais bien mon corps, et pourrais re-re-redire à mon généraliste que non ce n’est pas une sciatique, ça vient du rein, soit il n’y a rien et … je ne sais pas pourquoi je souffre autant à certains moments….

Et si c’est bien ça? que va t-il se passer? en bonne autruche que je suis, je n’ai rien demandé. J’ai juste dit que j’espérais qu’on ne se reverrait pas trop vite avec Herr Professor. Je crois que je sais… la double sonde JJ, celle que je devais avoir au moment de l’opération (piqûre de rappel). Donc une opération (petite), un arrêt, et on enlève le tout quelques semaines après… Va falloir jouer serrer pour que si ça doit se faire, ça puisse se faire cet été, sinon ça va être compliqué…

Non non, je ne stresse pas… je continue l’autruche, wait and see (et souffre ponctuellement).

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De tout et surtout de rien : les ESA

Coucou les p’tits loups!

j’ai un sujet qui me trotte dans la tête depuis des mois, un truc méga important et dont je ne vous ai jamais parlé (enfin je crois!).

les ESA.

Késako??? non non non, il ne s’agit pas de l’European Space Agency, même si petite je voulais être astronaute car il n’y avait pas de femme.

Il ne s’agit pas non plus de l’Ecole Spéciale d’Architecture, si je construisais une maison, elle serait probablement bancale. Remarquez, ça va avec le « spéciale » du sigle!

Ni de l’Ecole de Santé des Armées, ni de l’Entente Sarthe Athlétisme, ni de l’Ecole Supérieure de l’alternance.

Que nenni. Vous avez quand même remarqué que j’ai écris « LES ESA ». Un pluriel donc.

Allez, je vous dis tout. ESA : effets secondaires atypiques ou anecdotiques. Cherchez pas, je viens de l’inventer. Mais ça fait des mois/années que je les constate ces effets secondaires, depuis mon opération « totale » qui m’a laissée sans utérus et sans des petits bouts de plein d’autres trucs. Et allez savoir pourquoi, aujourd’hui je viens vous en parler.

  • le chocolat du matin. Longtemps j’ai mangé de l’éléphant, depuis l’opération je le trouve trop fort en cacao pour un matin, et je suis passée à la vache mauve.
  • le sommeil. je dormais mal depuis des années, depuis ça va mieux, beaucoup mieux, même si j’ai toujours des réveils nocturnes.
  • l’alcool. j’apprécie vins, bières, alors qu’avant pas du tout.
  • je n’ai plus aucune petite tache blanche sur les ongles. vous savez celles qu’on dit de « manque de calcium » alors qu’il paraît que pas du tout. J’en avais tout le temps, et depuis elles ont disparu.
  • je ne tousse plus le soir, alors qu’avant c’était environ 360 jours/an.

C’est bizarre quand même, non?

je pense que ce n’est pas mentionné dans le vidal sur « effets secondaires suite à une hysterectomie, colpectomie, iléostomie, etc ». Mais je n’ai pas vérifié, je le reconnais. Faudra que j’en parle au spécialiste. C’est super important quand même.

 

Non? non.

 

Voilà voilà… un post pour ne rien dire. Sauf que toi, toi et toi qui es en train de lire ces lignes, je t’embrasse, des bisous virtuels pour les cœurs trop lourds, et aussi pour ceux plus légers. Je ne vous souhaite pas une bonne année (à force vous le savez que j’aime pas trop ça), mais comme me l’a dit un jour mon gynéco chéri « le cœur y est ».

 

 

L’instant conso de Chapichapo #2 : les agendas

L’été est fini… enfin non mais bon la pluie, la fraîcheur des nuits et matins, l’obscurité aussi, laissent penser que ça sent la rentrée. Les rayons de supermarchés aussi. Mais je suis en retard, les fournitures scolaires sont installées depuis début juillet…

Bref, bref, bref. On n’est pas journal TV, je vais pas vous faire un marronnier, on parle de sujets sérieux ici. Enfin presque.

je me pose des questions existentielles, parmi lesquelles le choix d’un agenda (oui, ma vie est fascinante) (mais ça vous le saviez déjà).

 

Alors, voyons le choix proposé… Dans la série :

  1. « je suis très zen de reprendre le chemin de l’école »

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2. « je suis restée ado pré-pubère »

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3. « voire très pré-pubère » (et has been…)

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4. « je suis une cougar »

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5. « je suis encore jeune » (version optimiste)

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6. « je doute donc je suis »

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7. « je positive »

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8. « je joue aux jeux vidéos » (mais les autres ne connaissent pas)*

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9. « je m’auto-congratule  » (mais j’ai pas l’air convaincue)

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10. « je m’auto-congratule, et j’envoie un message subliminal »

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NB : Merci à ma coach reconversion, Miliette, qui m’a inspirée!

* un jour, j’ai dit à des enfants lors d’une activité, qu’on allait avoir des muscles comme Popeye… « c’est qui Popeye Madame? » 😦

La parole est à vous : rencontre virtuelle #2

La parole est à moi plutôt 😉 . Voici quelques réponses aux questions qui m’ont été posées (ici). Si après cela, vous en avez d’autres, n’hésitez pas, ça fait du bien aussi de se poser pour y réfléchir…

 

Comment réponds-tu aux gens, proches ou non, qui te demandent si tu as des enfants et/ou quand est-ce que tu vas t’y mettre?

Je leur réponds que je ne peux pas en avoir. La réaction est de deux types : ceux qui s’excusent d’avoir posé la question, et ceux qui insistent, plus ou moins lourdement. A ces derniers, j’enchaîne alors en disant que j’ai une maladie qui m’empêche d’en avoir. Souvent ça suffit à stopper la conversation à ce sujet. Il m’est arrivé une fois qu’une amie de mon mari me parle des FIV, alors je lui ai expliqué que ça n’avait pas marché. Puis de l’adoption comme LA solution, je lui ai dit qu’on ne ferait pas ces démarches. Je ne la connaissais quasiment pas, ces questions m’ont beaucoup dérangée, c’était environ un an après la fin de la PMA. Certaines personnes cherchent à tout prix à donner des conseils, alors que ce que j’attends dans ces moments-là, c’est juste qu’on me dise que c’est pas facile et qu’on passe à un autre sujet de conversation.

Comment fais tu pour ne pas te sentir en décalage avec tes amis/famille, enfin tous ces gens qui ont des enfants autour de toi?

J’ai des amis formidables, ceux qui ont des enfants n’en font pas étalage, c’est moi qui suis obligée de leur demander des nouvelles des petits. Je ne vois pas trop de famille (on est assez dispersés géographiquement), et les enfants ne me dérangent pas. J’aime voir mes neveux, et les voir déballer les cadeaux à Noël sous le sapin est un bon moment pour moi. Les relations avec les parents sont « différentes » mais ça tient plus à nos relations de fratrie qu’au fait qu’ils aient des enfants ! Au fond de moi, je sais que j’aurais été une maman insupportable, une MILK infernale, alors je comprends qu’on parle de ses enfants avec emphase.

Le décalage existe bien sûr, mais si on avait des enfants et qu’on ne les élève pas de la même façon, il y aurait aussi un décalage.

Est-ce que tu as accepté cette vie sans enfants, et combien de temps a t-il fallu ?

Je pense l’avoir acceptée récemment. Soit quatre ans après l’arrêt des essais et neuf ans après le début des essais. Je m’en suis rendue compte un matin, comme ça, sans « élément déclencheur ».

« Et puis un jour on passe à autre chose

On ouvre nos paupières closes

Un matin on sait pas pourquoi

On sait pas comment mais ça va »

(paroles de Rose )

L’accepter ça ne veut pas dire ne plus y penser. Mais ce n’est plus quotidiennement, ni plusieurs fois par jour. Et moins douloureux. Les moments où j’y pensais le plus c’est dans ma voiture, quand je suis seule, pour aller travailler. Les larmes me montaient souvent aux yeux. Aujourd’hui quand j’y pense, c’est une pensée plus fulgurante, ça passe. Parfois je me dis que ce n’est pas si mal de ne pas à avoir à courir pour aller à l’heure chez la nounou, stresser pour l’école, des trucs d’organisation auxquels je pensais quand on était dans les essais.

Comment avez-vous fait pour accepter cette situation (ne pas pouvoir avoir d’enfants) ?

Je ne sais pas vraiment comment on a fait. A vrai dire, on n’en a jamais parlé ouvertement tous les deux ensemble. Au début, je sentais que je ne pouvais pas en parler posément avec mon mari, c’était beaucoup trop douloureux. Lui me prenait souvent dans ses bras en me demandant si j’étais heureuse avec lui. Je lui répondais que oui, que ma tristesse c’était l’absence d’enfant, mais que j’étais bien avec lui, ce qui était vrai. Ça m’a pas mal perturbée de ne pas réussir à en parler avec lui, mais je n’y arrivais pas, et je ne voulais pas me forcer. Je me disais que ça viendrait le moment venu. J’en ai parlé pas mal avec ma psychologue, et finalement j’ai compris qu’on n’avait pas besoin d’en parler, on se comprenait, c’est notre façon de fonctionner. Il faut dire qu’on n’est pas des bavards tous les deux. Je crois aussi que lui a tourné la page plus vite que moi, il est plutôt du genre à dire qu’il ne faut pas s’attarder sur ce qu’on ne pourra pas changer. Moi avant, j’étais plutôt à ruminer le passé, mais beaucoup moins avec le temps, et depuis le début je me dis qu’on a fait ce qu’on a pu, mais que la maladie était trop envahissante pour réussir à garder un bébé au creux de moi. Et surtout, on s’aime. Je sais que je bassine tout le monde avec ça, mais je crois que c’est le plus important. Nous voulions un enfant parce qu’on s’aimait assez pour avoir envie de partager notre amour, aujourd’hui que nous restons deux, on revient « aux fondamentaux » : notre amour, notre couple.

Je n’ai jamais pensé qu’il n’avait qu’à me quitter pour avoir un enfant avec une autre, je me suis souvent demandé si c’était égoïste de ma part. Mais je crois que c’est surtout parce que je sens que nous sommes forts ensemble, assez forts pour ces épreuves que nous avons surmontées, y compris la maladie. Il m’a toujours soutenue, pour tout. Moi qui avais peu confiance en moi, j’ai toujours eu confiance en nous.

Et d’ailleurs pensez-vous l’avoir vraiment acceptée, ou pas ?

Aujourd’hui, oui, je crois. Après quatre années tout de même…

Est-ce qu’à un moment vous avez eu le sentiment d’être enfin passé à autre chose, de ressentir la paix au fond de vous, ou est-ce que c’est simplement la vie qui continue et les émotions qui varient selon les jours ?

Je dirai que c’est plutôt la vie qui continue. Il faut avancer, parce que je n’ai pas envie de plomber notre quotidien alors que nous sommes bien ensemble. Je ne crois pas avoir trouvé la paix à ce sujet, mais ce n’est plus la guerre : c’est déjà un grand pas.

Y-a-t-il eu des moments difficiles pour votre couple ?

Pas pour notre couple. Il y a eu des moments de tension, mais pas l’un envers l’autre. Parfois des ras-le-bol pour des broutilles au début, une façon de faire évacuer la tension je pense. Des moments difficiles pour l’un ou pour l’autre, enfin je crois plus pour moi ! Comme je le disais plus haut, je pense que mon mari a réussi à passer le cap plus rapidement que moi, c’est dans son caractère.

Avez-vous réagi de la même façon, ou différemment, et comment avez-vous fait pour rester soudés ? Avez-vous eu des doutes sur cette vie à deux ?

Différemment, notamment sur le temps pour accepter la fin des espoirs. Mais comme je le disais, on n’a pas communiqué ensemble sur ce sujet, je n’y arrivais pas.

Je dirai qu’on s’est toujours pris dans nos bras pour se dire qu’on était bien ensemble, et qu’on s’aimait. Depuis le jour où on s’est rencontrés ça a été comme une évidence : c’était lui, et on ne s’est jamais quitté. Donc pour la dernière question, je dirai jamais de doutes. Il y a des personnes qui se disent que l’autre n’a qu’à le/la quitter puisqu’il/elle ne peut lui donner un enfant : je ne l’ai jamais pensé. Comme je le disais pour une autre question, je me suis demandé si c’était égoïste de ma part. Mais je crois que c’est surtout que j’ai confiance en nous. C’est d’abord une histoire de couple, avant d’être une histoire d’enfant et de famille. Comme me l’a dit une fois quelqu’un, l’enfant ça aurait été la cerise sur la gâteau. Et c’est déjà une chance d’avoir un si bon gâteau ;-).

Pensez-vous à l’avenir, à la vieillesse ?

Au début j’y ai pensé beaucoup. Je ne voyais plus de raison de faire des projets, pourquoi mettre de l’argent de côté, pourquoi faire des travaux dans la maison… Et puis je me suis dit qu’on ne faisait pas ces projets pour un hypothétique avenir, on les fait pour être bien dans notre présent, puisque c’est la seule chose dont on peut profiter pleinement. Et pour la vieillesse, on ne fait pas des enfants pour qu’ils s’occupent de nous une fois vieux, j’ai vu ça dans ma famille et c’est pas une situation facile, et puis il y a des personnes âgées qui ont des enfants qui ne viennent pas les voir, et d’autres qui ont de la visite (neveux, amis…) alors…

Avez-vous fait un tri dans vos amis, dans votre famille, voyez-vous encore des gens avec enfants sans en souffrir ?

Le tri s’était déjà fait au moment de la maladie. Ceux qui ne comprenaient pas pourquoi je me désistais au dernier moment parce que j’étais malade, ceux-là je ne les vois plus beaucoup (doux euphémisme!) Il faut savoir qu’on n’a pas de bandes de copains, on a des amis proches, précieux, et qui ont toujours été là. Certains ont même été plus proches qu’avant pour nous soutenir.

Je vais me répéter, mais nos amis ou la famille qui ont des enfants, on les voit toujours, si on ne les voit plus ce n’est pas à cause de la présence des enfants, mais à cause de problèmes « d’adultes » ! Je n’ai jamais souffert de voir des enfants, c’est plutôt de voir une femme enceinte s’arrondir qui était parfois difficile.

Est-ce que tu parles ouvertement de votre parcours, dans la « vraie vie », ou est-ce trop intime/trop douloureux.. ?

J’ai toujours parlé de l’endométriose, des fiv, des opérations avec beaucoup de monde autour de moi (collègues aussi). Je voulais surtout informer pour que s’ils connaissent quelqu’un qui rencontre des problèmes semblables aux miens, ils fassent attention et ne prennent pas ces problèmes à la légère.

Pour la fin de notre parcours, j’ai attendu quelques mois avant de le dire, en faisant croire qu’on faisait une pause (il nous restait encore des FIV « sécu »), je pense que j’avais besoin qu’on me laisse encaisser la nouvelle.

As-tu ressenti le besoin de combler ce vide, et si oui comment as-tu procédé ?

Cette histoire de combler le vide… je n’aime pas cette expression. Rien ne peut remplacer la famille qu’on n’aura jamais. Quand je cherchais des témoignages, je voyais des gens qui parlaient de voyages, de théâtre, de créativité, avec comme crédo : « je ne suis pas fertile mais j’ai d’autres fécondités » ! ça m’agaçait prodigieusement. Moi je n’avais pas envie de voyages, de théâtre, ou de quelconque activité féconde, je voulais juste un enfant. Ma créativité, je l’envisageais en la partageant avec mes enfants. Les deux ne sont pas incompatibles.

En revanche, on a adopté un chien. Pas en remplacement, pas pour combler un vide, mais parce que ce chien faisait partie de nos projets avec les enfants, et j’ai ressenti le besoin que quelque chose de « ma vie rêvée » devienne concret. C’est mon chien, pas mon enfant, mais je dois avouer qu’il m’a aidée à passer le cap.

T’es-tu lancée dans des projets qui n’auraient pas été réalisables avec des enfants ?

Pour moi il n’y a pas de projets irréalisables quand on a des enfants : voyager, déménager, changer de boulot… C’est surtout une question d’organisation. Cependant, comme je l’ai déjà dit (je me répète, c’est l’âge!), j’ai mis du temps à envisager de nouveaux projets. J’avais l’impression de n’avoir qu’un présent, le passé je voulais l’oublier, et l’avenir me semblait inimaginable.

Comment envisages-tu l’avenir ? Et le fait de n’être jamais grand-mère ?

Je n’envisage l’avenir qu’à court terme. Avant j’anticipais tout, au risque de me stresser pour des bêtises, maintenant je me laisse plus porter par la vie. Je ne pense pas à ce qu’on sera dans 20 ans par exemple. On verra bien.

Et la question d’être grand-mère… tu touches le point longtemps douloureux. Ado je ne voulais pas être mère mais j’avais hâte d’être grand-mère : je n’avais pas des grands-mères affectueuses (loin de là!), et j’avais envie d’être une mamie « gâteau ». Celle à qui on se confie, celle qui écoute. J’avais une amie qui avait une grand-mère comme ça et j’aimais leur relation. Ma mère est une super grand-mère je trouve, je pense qu’elle aussi « compense » ce qu’on n’a pas eu…

Un couple se construit autour de projets communs. Le plus simple (pas pour nous, hélas..) et le plus communément admis est d’avoir des enfants ensemble. Quels autres projets avez-vous mis en place avec ton mari ?

On a un projet depuis longtemps, je pense dès qu’on s’est rencontrés ! Ce projet était aussi réalisable avec des enfants. C’est partir habiter dans une autre région qu’on aime tous les deux, et s’occuper d’animaux. On a un côté très nature. On ne pourrait pas vivre en agglomération, sans carré de verdure où marcher pieds nus, à observer les oiseaux, et regarder le ciel étoilé à la nuit tombée…

Comment fais-tu lorsque tu expliques ton infertilité à quelqu’un et que cette personne se sent obligée de te donner des conseils, alors qu’il est bien évident que l’on a déjà tout testé lorsque l’on est dans cette situation. Comment fais-tu pour garder ton calme ?

Décidément, je vais encore me répéter !!! Je me souviens d’une fois où la personne en question a beaucoup insisté. Je crois qu’elle m’a donné toutes les façons d’avoir un enfant. Elle n’écoutait pas vraiment mes réponses. Dans ces cas-là, je laisse tomber : je sais que ça ne sert à rien de polémiquer, et après tout, ça ne regarde que nous, et c’est à nous de décider si on a envie d’en parler, à quel moment et à qui. Mais c’est aussi mon caractère : je bous intérieurement mais reste calme en apparence. Je n’avais pas envie de l’envoyer bouler alors qu’on était à une grande fête et qu’on passait le week end tous ensemble. De façon générale, je réagis rarement à vif, car je m’emporte et ça me dessert… Il y a des gens qui de toute façon savent mieux que toi parce qu’ils ont entendu ou lu telle info sur la pma, l’adoption, la gpa dans les médias… Je ne me fatigue pas à leur répondre, sauf si ce sont des gens importants pour moi. Mais ceux-là n’insistent pas lourdement !

Parviens-tu à féliciter une femme enceinte (collègue, famille) ?

Je ne sais plus trop ce que je dis. Il faut dire que ceux qui m’entourent ont « fini » leur famille. Je ne crois pas dire « félicitations », plutôt quelque chose du genre « vous devez être contents ». J’avoue que c’est souvent plus facile par écrit que de vive voix. Et il y a des gens pour qui je suis vraiment heureuse, et d’autres où je me dis que tout ça n’est pas vraiment juste… même si la justice n’a rien à voir avec ça. Et j’ai beaucoup de mal avec les annonces de jumeaux… parce qu’au fond j’espérais une double naissance car je sentais bien que ce serait compliqué de mener plusieurs grossesses avec mon corps malmené.

Avez-vous (le couple, et également chacun individuellement) avez pu/su distinguer/identifier différentes « étapes » traversées, entre la fin de la pma et aujourd’hui, et lesquelles? Quels sentiments/émotions y étaient associés et comment vous les avez « gérées »? Où et comment as-tu trouvé les ressources nécessaires pour continuer à avancer, à faire des projets?

Je n’ai pas remarqué de passage d’étapes. On parle souvent de deuil de la maternité (moins de la parentalité d’ailleurs…). Il y a plusieurs étapes au deuil : choc et déni, douleur et culpabilité, colère, marchandage, dépression, reconstruction, acceptation. En réalité ce n’est pas un chemin linéaire. Parfois j’avais l’impression de moins être en colère, d’accepter, et d’un coup je revenais en arrière. C’était très dur car j’avais l’impression d’échouer encore, de reculer, alors que ça fait partie du processus d’acceptation. Il faut être indulgent avec soi-même et se laisser du temps. Il ne faut pas être pressé « d’y arriver ». Je pense qu’il faut laisser le temps, les pleurs, la colère s’évacuer progressivement. Réussir à voir ce qu’on a, et pas ce que l’on aura jamais. C’est bien sûr plus facile à dire qu’à faire. Mon réconfort, ça a été mon présent, mon quotidien, avec mon amoureux, passer de bons moments avec des amis, promener mon chien, regarder les étoiles et m’allonger dans l’herbe… et me dire que oui, malgré tout, je suis heureuse aussi comme ça.

 

Le (dernier) jugement…

Rencontre avec une femme que j’apprécie. Elle doit être énervée de propos qu’elle a entendus au déjeuner. Elle parle, parle, parle.

Ceux qui n’ont que leur vie pro et pas de vie de perso : pfff

Ceux qui privilégient leur vie perso à défaut de leur vie pro : pfff

Ceux qui réussissent les deux : youpi (denrée rare)

Ceux qui sont malades : hein bon y a des gens qui vivent très bien avec un cancer depuis 20 ans…

Le tout ponctué de « tu vois ce que je veux dire ».

Non je ne vois pas trop bien. C’est pour moi toutes ces réflexions? Oui je suis malade, oui y a pire, oui j’ai réduit mon temps à cause de la maladie. Tant mieux si tu n’as pas connu à 30 ans la douleur quotidienne, celle qui te cloue au lit, celle qui te fait vomir, celle qui t’empêche de bouger, celle qui te foudroie au volant, celle qui te fait conduire le genou gauche replié vers la poitrine, celle qui te fait t’arrêter en plein champ pour vomir, celle qui t’empêche de boire, celle qui t’empêche de manger, celle qui t’empêche d’avoir un enfant, celle qui t’empêche de vivre, tout simplement, à 30 ans…

Le jugement, tout simplement.

Remise en continuité#2 ou l’instant scato de Chapi Chapo

Comme je n’ai pas l’incroyable privilège de vous parler des cacas mous de mes enfants inexistants, et dans un souci d’information honnête et sans trop de tabou, je vous fais aujourd’hui un point sur la remise en continuité, quasi deux ans après.

 

Bon je ne vais pas y aller par quatre chemins, c’est pas la fête tous les jours. Surtout depuis quelques semaines. Et de plus en plus fréquemment. Estimant que deux ans de patience ont bien suffit pour que mon intestin se remette de son amputation terminale, j’ai fait un truc de dingue : j’ai mangé des fruits crus et des légumes cuits plus souvent. Oui je sais, c’est la folie furieuse par ici.

Vous savez ce qu’on dit : pour éviter la constipation, mangez des fibres (légumes, fruits). Ah oui mais voilà, il n’existe pas une constipation, mais des constipations. Attention, point VAE gastro-entérologie, sortez vos cahiers, ouvrez une nouvelle page à la suite de votre VAE gynécologie, on commence.

J’ai, je crois, une constipation distale ou terminale. Le second terme est plus explicite que le premier : terminale, ça veut dire que ça ne sort pas. « Les selles restent bloquées dans l’ampoule rectale ». Bref, j’ai envie de faire caca, que je sens bien avoir envie d’aller prendre l’air, mais rien ne se passe. Et ce petit manège peut durer des heures (mon maximum a dû être une douzaine d’heures réparties sur une partie de la nuit). Et plus je mange de fibres, plus mes selles sont volumineuses et donc difficiles à sortir. Donc non les fruits et légumes c’est pas toujours bon pour la constipation.  Je crois que c’est ça parce que je n’ai pas encore vu un cacatologue, ou gastro-entérologue (toujours pour la VAE). Mon chirurgien pour l’endométriose m’a dit que tout était ok au niveau des cicatrices, mais que l’ouverture était réduite et pas souple, donc faut boire beaucoup pour ramollir les selles. Ah si c’était si simple… Il est temps d’élargir (sans mauvais jeu de mot!!!) mon carnet d’adresse médical. Parce que là, je n’en peux plus. Les lavements c’est bien efficace, mais bon je ne vais pas faire ça deux fois par semaine toute ma vie.

Et même si l’agent 009 (devinerez-vous qui?) m’envoie un plein d’amour et un rêve à planter qui m’ont beaucoup touchée…

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… ça me mine ces heures passées aux toilettes…

 

Voilà, c’était donc le point scato de Chapi Chapo qui rêve d’une gastro. Et n’oubliez pas : si votre orifice mesure moins qu’une pièce d’un euro, vous aurez du mal à faire popo.

Jours maussades…

Pas d’inspiration depuis quelques semaines…

Le mois de janvier, mois de tous les espoirs, mois de tous les vœux les meilleurs, comme si changer de chiffre changeait la vie.

Bon je ne vais pas vous faire mon éternel refrain « j’aime pas le nouvel an » comme les années précédentes…

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Il paraît qu’aujourd’hui c’est la journée des câlins. Moi j’aurais plutôt dit que c’était la journée « je parle mais on ne m’écoute pas », ou la journée « c’est quand les bonnes nouvelles ».

Faut que je vous avoue un truc. Je ne commente jamais les premiers taux de béta hcg. Rarement les deuxièmes. Plutôt l’écho de confirmation. Parfois j’ose un « like ». Pourquoi? parce que je trouve que je porte la poisse. Quand je craque et encourage, ça finit mal. Ne vous moquez pas, ça s’est vérifié à chaque fois.

Hier j’ai tenté la parade avec mon compte cuicui et mon autre pseudo pour Simone…  J’aurais pas dû. Il y a des jours où la vie est vraiment trop injuste (instant « Chapi Caliméro »), des jours où j’aimerais que cette sale *bip* de DNLP soit matérialisée sous mes yeux et que je lui pète sa tronche à cette grosse *biiiip*. Je suis désolée Simone…

Ce week end, j’ai appris qu’une amie avait un cancer. Encore une. Pourquoi? Pourquoi ? Marde, c’est pas l’âge où on s’éclate 35-40 ans? L’âge où on ne pense pas à la maladie comme quotidien? C’est moi qui suis trop exigeante pour qu’on arrête d’emmarder ceux que j’aime?

Non mais elle est où cette *bip* de *bip* de DNLP?? elle en a pas marre de se traîner ces deux dernières lettres comme un boulet???

Le nouveau magasin

il y a un magasin installé depuis quelques mois (années?) dont la devanture m’a attirée depuis la première fois que je suis passée dans sa rue…

J’ai toujours refusé de m’approcher. Tout en la regardant de loin avec envie. Je savais qu’il y aurait dedans tout ce que j’aurais aimé acheter pour nos enfants. Alors pour m’éviter un pincement au cœur à chaque jouet que j’aurais pris dans mes mains en pensant à eux qui ne viendront jamais, je la fuyais…

 

Et puis, j’ai voulu acheter un petit cadeau pour deux petits enfants de ma famille de cœur. Je me suis dit que c’était là et nulle part ailleurs que j’irais chercher leur cadeau. Que je rentrerai dans cette jolie boutique, pour eux et nuls autres, eux qui existent, qui vivent, qui rient, qui pleurent, et fatiguent leurs parents sûrement. Eux à qui je n’ai pas fait de cadeau de naissance car je ne pouvais plus entrer dans une boutique de puériculture, eux que j’ai mis 18 mois à rencontrer, eux dont la double naissance m’a fait un électrochoc plus grand encore que s’ils n’étaient qu’un.

Je n’ai pas été déçue. Exactement comme je l’imaginais. Et j’ai ressenti la joie de leur choisir chacun un jouet qui me plaisait en pensant exclusivement à eux, et pas aux absents. Avec peut-être encore plus de plaisir que si ça avait pour les miens. Sans pincement au cœur, avec amour. Et ça m’a fait du bien. maileg2